Les longs voyages…

Le voyage sur de longues distances n’est pas une mince affaire dans le monde de Tara où les routes sont rares et les dangers nombreux. Ambiance, extrait du livre de base :

L’étape du jour traversait par la route ouest les Tortes Effondrissures, une passe enclavée striée d’ombres et déchirée de concrétions grisâtres qui perçaient aléatoirement le sol sablonneux pour former des arches de silex torsadées comme des ronces de pierre. Était-ce le vestige d’une antique forêt du Drakenheim, changée en basalte pendant la Guerre de Tara ?

Pour sûr on n’y voyait pas mieux qu’au centre d’un dense sous-bois du Nordhelm ou perdu dans les frondaisons de Tir Mæn ; pas plus loin qu’une dizaine de mètres, et la poussière soulevée par les roues et les sabots n’arrangeait pas les choses à l’arrière. Mais en journée, les sentinelles postées dans les tourelles des chariots limitaient le danger.

Si des pillards osaient s’approcher, même en se faufilant entre les découpes rocailleuses et la pénombre du paysage, les archers gardaient l’avantage. Chaque chariot disposait d’un blindage d’acier incurvé riveté au-dessus du plateau pour le fret, tel un cocon impénétrable. À l’abri derrière d’étroites meurtrières judicieusement croisées, les tireurs pouvaient prendre le temps de viser juste. À la moindre alerte, ils déversaient une pluie fatale autour de la caravane. Les brisures du relief n’accordaient aucune protection aux bandits le temps de combler la distance.

La nuit changeait en revanche la donne. Elle offrait de multiples recoins pour une embuscade. De petits groupes coordonnés s’approchaient plus facilement en cachette et au contact direct les flèches perdaient leur efficacité.

Certes, on aurait pu allumer des braseros avec les réserves d’huile et éclairer largement la zone en nocturne, mais mieux valait conserver les provisions pour plus tard, aux Quatre Éboulis puis à la Faille de Trop de Pas, là où se terraient les maudits Écorcheurs. Ces molosses dégénérés craignaient la lumière plus que les flèches. Les lampes à huile constituaient le meilleur bouclier, l’assurance de limiter la casse lors du passage. Pour de simples voleurs, fussent-ils aussi redoutables que les nomades, l’arc suffisait si l’on manœuvrait bien…

On avait donc forcé le pas avant le crépuscule et poussé les bêtes de somme dans leurs dernières limites afin d’atteindre la Culminance, ce plateau rocheux en bordure de la route, accessible aux lourds chariots et débouchant sur un aplomb dégagé, idéal pour monter la garde sous la lune.

Naviguer ainsi de point de halte en point de halte s’avérait aussi vital que progresser de source en source pour abreuver hommes et montures.

(…)

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2 réponses à Les longs voyages…

  1. Grelots Lagriffe dit :

    Bon maintenant faut arrêter de teaser Mr. Daguerre !
    Même si c’est toujours agréable de se faire teaser de la sorte.

  2. La rentrée mon ami sera le moment pour lancer tes aventures : livre fin août ou tout début septembre… 2018 😉

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